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Transport, logistique et parcs industriels

Transport, logistique et parcs industriels

15 novembre 2017

par Louis Grenier

2018 sera l’année du transport et de la logistique. Plusieurs éléments concourent pour soutenir cette affirmation. 2018 sera la première année du déploiement des zones industrialo-portuaires (ZIP) au Québec. 2018 verra aussi le début de la remise à niveau du transport ferroviaire surtout au sein des CFIL (Chemins de fer d’intérêt local). 2018 sera également l’année où s’intensifiera la conversion de certains camions au gaz naturel. Enfin, 2018 sera aussi l’année des efforts plus soutenus à l’électrification des transports.

Le transport maritime

Le transport maritime va subir une cure importante de rajeunissement au Québec dès que se mettra en branle l’important investissement du port de conteneurs à Contrecœur.  À notre avis, cet investissement aura un effet domino, non seulement sur la mise à niveau des autres ports au Québec, mais également sur le réseau des parcs industriels qui pourront bénéficier de ces installations à la fine pointe de la technologie. Il ne faut pas croire non plus que seules les ZIP en bénéficieront. Le transport par conteneur devient une norme de transport de plus en plus économique pour toutes les entreprises qui fabriquent ou distribuent des biens. De plus, la conteneurisation du vrac, qui devrait s’intensifier au cours des prochaines années, aura des répercussions sur toutes les chaînes de valeur du Québec et ce, dans chaque parc industriel. Enfin, la conteneurisation est l’outil idéal pour les installations intermodales.

Le transport ferroviaire

Dans cette foulée de la conteneurisation, le chemin de fer se découvre une nouvelle vigueur qui doit se traduire par une mise à niveau de centres de transbordement, percolant sur l’ensemble du territoire. Ce rôle du chemin de fer, jadis si essentiel dans la distribution des biens, pourrait bien être la grande révélation de ce début de siècle. Équiper un parc industriel d’une plateforme rail-route devrait s’avérer un des plus grands atouts d’attraction des nouveaux parcs industriels régionaux.

Le transport terrestre

Le rôle du camion devrait continuer d’être au cœur des systèmes de distribution nord-américains. C’est au chapitre de la motorisation (gaz naturel pour les longs courriers et électrification pour la distribution locale) que les plus grands changements devraient arriver. En constatant ce fait, on néglige d’en étudier les conséquences indirectes sur les réseaux de distribution. En effet, la réorganisation des réseaux de distribution par lesquels le fameux « just-in-time » n’est plus une norme universelle, change le déploiement des services de la plupart des distributeurs et transporteurs terrestres. Dernièrement, un des plus grands joueurs de l’industrie, Transport Robert, expliquait que leurs services logistiques (réemballage, réétiquetage, manutention, bris de lots, etc.) généraient de plus en plus de revenus au détriment du simple transport d’un lieu à l’autre. Conséquence de cette réorganisation : plus d’entrepôts, plus petits, à plus d’endroits (dans des parcs industriels un peu partout au Québec). Ces nouveaux centres ne seront donc pas seulement des « parkings de trucks », mais des centres de logistique, créant plus d’emplois de tous genres (du simple manutentionnaire jusqu’au spécialiste en traitement de données).

L’industrie de la logistique comme créateur d’opportunités

Tous les gestionnaires de nos parcs industriels devront donc être à l’affût des opportunités que créera le redéploiement des centres de traitement logistique que ce soit de simples entrepôts régionaux ou des services connexes à la gestion de la distribution. De plus, le rôle d’ « autoroute logistique » dévolu à l’A30 devient de plus en plus évident alors qu’on s’apprête à mettre en force le PL85 – projet de loi consistant à dézoner un chapelet de sites industriels le long de cette autoroute entre Valleyfield et Candiac pour soutenir l’effort logistique. Quand on cumule les derniers investissements privés et publics qui se multiplient le long de cette artère (plusieurs centres de distribution) en y ajoutant les installations promises du port de Montréal, il est évident que cette vocation créera une chaîne de valeur dont les investissements entraineront d’autres investissements sur tous les tributaires de l’A30 (A10, A20, A35, R116 et R112 en particulier). Cela couvre une large portion des parcs industriels au Québec qui peuvent bénéficier À COURT TERME du dynamisme de l’industrie du transport et de la logistique.