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La percolation des zones industrialo-portuaires

La percolation des zones industrialo-portuaires

24 janvier 2018

par Louis Grenier

Les zones IP comme il est convenu de les appeler, sont une des initiatives de la stratégie maritime qui nous interpellent particulièrement à titre de développeurs économiques. À tort, cependant, on croit que seuls les professionnels en développement économique qui auront à gérer ces zones sont concernés.

À mon avis, c’est faux, il est évident que les zones IP concernent tous les parcs industriels du Québec et même, j’oserais dire que leur succès profitera davantage aux parcs industriels de l’hinterland qu’aux zones elles-mêmes. 

ZIP —Rio de Janeiro


La percolation

Le phénomène qui me permet de soutenir cette thèse repose sur la percolation, c’est-à-dire le déploiement des chaînes de valeur à partir de la logistique vers l’arrière-cour immédiate des zones IP. 

En effet, les zones IP permettent une rationalisation de la logistique des produits et donc, une diminution des coûts de distribution assortie d’un meilleur accès à des plateformes logistiques plus efficaces. Or, il n’est pas nécessaire que la production, surtout la production de produits nichés, spécialité de nos entreprises manufacturières les plus performantes, soit située directement dans ces zones. C’est la proximité relative (définie dans un rayon aussi vaste que 200 kilomètres des zones IP) qui détermine l’accès à ces services améliorés. Or, ce rayon englobe une très large proportion des parcs industriels du Québec où se regroupent les principales chaînes de valeur manufacturières du Québec. Sont exclues de ce rayon seulement quelques-unes des chaînes de valeur directement reliées aux mines et à l’exploitation forestière, mais celles-ci bénéficient d’autres atouts qui leur permettent tout de même de compter sur le réseau logistique rail-mer (diminution des volumes d’extraction, plus grande efficacité du rail, augmentation de la valeur ajoutée et éventuellement ouverture des routes maritime de l’Arctique, etc.).

La notion de « port sec » - un ajout dans le déploiement des zones IP

L’expression « port sec » s’entend d’un lieu donné situé au sein de l’hinterland pour le groupage et la distribution de marchandises, ayant des fonctions correspondant à celles d’un port maritime, et comprenant même des services de dédouanement. Les fonctions rattachées à un port maritime que l’on pourrait s’attendre à retrouver dans un port sec supposent des installations pour la manutention de conteneurs (voire de marchandises en vrac) ; des liaisons avec les infrastructures intermodales ; un regroupement géographique de sociétés et d’organismes indépendants s’occupant du transport de marchandises (tels que transitaires, expéditeurs et transporteurs) ; et la fourniture de services connexes (entre autres, inspections douanières, paiement de taxes, entreposage, entretien et réparation, et liaisons bancaires au moyen des technologies de l’information et de la communication). 

De plus le « port sec » peut être géré directement par les autorités portuaires dont il dépend ultimement, en collaboration avec les autorités qui gèrent un parc industriel donné. Le déploiement des zones IP devrait donc laisser une place à cette notion de « port sec ». Là où cette percolation bénéficie encore plus aux parcs industriels de l’hinterland réside dans la possibilité de regrouper des unités de production qui se complètent, non seulement le long d’une chaîne de valeur donnée, mais même en « transversalité » c’est-à-dire dans l’offre de services industriels bénéficiant à plusieurs chaînes de valeur.

Les zones IP au service de tous

Chaque parc industriel, en plus de sa vocation intrinsèque, doit donc planifier comment le déploiement des zones IP de sa région viendra bénéficier aux chaînes de valeur de ses entreprises locales. Chaque parc industriel doit donc évaluer la pertinence de connecter ses entreprises à celles dont la zone IP la plus proche pour mieux servir les mouvements logistiques des produits manufacturés et distribués au sein de son parc.

La logistique, vecteur incontournable du manufacturing 4.0

En entrant dans l’ère du 4.0, l’accès à une logistique très efficace sera absolument nécessaire. Le principe même de la production de biens en petites courses de production et la flexibilité de la chaîne de production doivent s’accompagner de la possibilité de livrer à des clients dispersés un produit de plus en plus personnalisé. En d’autres termes, les modèles « Amazon » ou « UPS » seront davantage la norme en matière de logistique que le modèle « CN ». Cela implique une gestion logistique qui intègre tous les moyens de transport et de nouvelles compétences pour regrouper les envois selon une approche plus matricielle (destination/volume/type de produit).

La collaboration interentreprises, non seulement au chapitre logistique, mais également au sein même des parcs industriels deviendra essentielle. Cet avantage restera l’apanage des parcs industriels de l’hinterland.

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