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Enfin, une politique industrielle pour le Québec

Enfin, une politique industrielle pour le Québec

6 février 2018

par Louis Grenier

Le déclin industriel des économies occidentales date de la fin des années 1980. S'il serait faux de dire que les divers gouvernements qui se sont succédés depuis, tant au Québec qu'au Canada, se sont croisés les bras sur la situation de l'emploi manufacturier, il est rafraîchissant de constater que le gouvernement du Québec coiffe sa nouvelle politique du vocable "industriel".



Salutations donc à "La politique industrielle québécoise 2013-2017

Je continue à soutenir que, surtout aujourd'hui, industriel ne veut pas dire exclusivement manufacturier . Surtout dans la dernière décennie, plusieurs entreprises industrielles ont vu le jour ou se sont développées sans toutefois être des manufacturiers au sens classique du terme. 

Le gouvernement du Québec reconnaît dans sa politique qu'il faut soutenir, d'une façon particulière et ciblée l'emploi multiplicateur de ceux qui, par définition, créent la richesse en ajoutant de la valeur ajoutée à un produit ou un service. J'espère que cela inclut certaines entreprises de services techniques qui créent de la valeur ajoutée. 

Par cette politique, il faut soutenir ceux que j'appelle les "propriétaires intellectuels des biens et services" et donc ceux qui souvent sont en région et trônent près du sommet des chaînes de valeur.

Bien sûr, dans le passé, les gouvernements ont soutenu l'innovation, sous diverses formes. On retrouve toujours, avec raison, cet objectif dans l'axe 3 Innovation: de l'idée à la commercialisation. Ils ont aussi soutenu des entreprises vertes et modernes (axe 1) comme une mesure de productivité accrue.

L'Axe 2: la meilleure nouvelle!

C'est dans l'axe 2 qu'on retrouve, à mon avis, l'originalité de cette nouvelle politique. Reconnaître d'abord l'importance de susciter et soutenir l'émergence de nouveaux fleurons, ces grosses PME, présentes en région, dont le Québec est cruellement privé en nombre suffisant, est le ciment qui manquait à une politique agressive de restructuration économique.

Pour moi, l'aide à l'émergence de nouveaux fleurons permet de voir les deux autres axes s'articuler dans un continuum plus homogène et dont les retombées doivent être plus rapides et plus ancrées dans le contexte économique de chaque région.

La multiplication de ces grosses PME permet d'envisager un renforcement des "donneurs d'ordre" et génère des chaînes de valeur plus productives et ce, par une approche économique plus locale et donc mieux ancrée dans le tissu économique de chaque région.

Tous les efforts de nos réseaux à l'APDEQ (commercialisation, exportation, aide à la création d'entreprises, soutien à l'entrepreunariat, soutien à l'achat de nouvelles technologies, etc. ) qui existaient déjà, prennent de nouveaux reflets quand on les mesure à l'objectif d'augmenter le format de nos PME les plus productives. 

Dans la mesure où on comprend bien que toutes les entreprises industrielles (pas seulement les manufacturières) méritent ce soutien, dans la mesure où on comprend que l'innovation se niche aussi dans les entreprises de services techniques (B2B), on aura là un énoncé économique qui, soutenu dans le temps, aura un impact majeur dans  toutes les régions du Québec.


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