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La chaîne de valeur du cannabis : une opportunité de développement économique

La chaîne de valeur du cannabis : une opportunité de développement économique

30 mai 2018

par Louis Grenier

La culture du cannabis médical a envahi le Canada et a attiré des investisseurs aux poches profondes. La Presse de vendredi dernier (18 mai 2018) titrait d’ailleurs que « Cannabis: les producteurs canadiens (sont) à la conquête du monde ». Parce qu’ils doivent se conformer à de lourds standards industriels pour obtenir leur permis de production, les producteurs canadiens sont en avance sur leurs compétiteurs américains, allemands ou australiens pour ne nommer que ceux-là.

Canopy Growth (6,7 milliards $), Aurora (4,2 milliards $), Tilray (3,6 milliards $), Aphria (2,5 milliards $) et Hydropothicaire (904 millions $) ont au moins deux ans d’avance sur les compétiteurs de ces pays qui peinent à avoir l’accréditation de leur propre administration. Les Canadiens passent les tests sans problème. 

Cependant, la production de cannabis n’est qu’une infime partie de l’immense marché que laisse miroiter la chaîne de valeur du cannabis médical. Les « produits dérivés » seront présents sous diverses formes, allant des pilules aux huiles d’une concentration de THC variant de 10% à 25%. 

Mais la véritable explosion viendra des produits dérivés du cannabis récréatif (chocolat, bière, gâteaux, bonbons, certains à base de canabidiol (CBD) qui ne contiennent donc pas de composantes psychoactives. Dès la légalisation du produit, il y aura donc une course à la production de produits dérivés.

Le Québec des régions bien outillé

Les grands producteurs de cannabis cherchent déjà à s’associer avec des partenaires potentiels pour fabriquer les divers produits dérivés du cannabis. Il y a donc là « une place à prendre » soit à titre de lieu privilégié de production de ces produits, soit même comme région-ressource.

Étant donné la réglementation importante qui entourera toutes les composantes de la chaîne de production, le profil des parcs industriels recherchés favorisera les régions.

Les principaux éléments qui seront considérés :
  • L’acceptabilité sociale de la population (donc un « branding » fort de la région quant aux politiques de bienvenue de l’industrie);
  • Une bonne base de travailleurs disponibles (non spécialisés et spécialisés);
  • La proximité d’une université ou d’un CÉGEP (ou d’une CTT en agroalimentaire) capable d’accompagner les producteurs dans le développement et la mise en marché des produits dérivés;
  • La présence d’un bon réseau régional de fournisseurs d’intrants (produits d’emballage, services d’entretien de machinerie, services en contrôle et informatiques, etc.);
  • La proximité relative d’une source fiable d’approvisionnement;
  • La disponibilité rapide (3-6 mois) de bâtiments industriels offrant les conditions les plus favorables du marché OU la présence d’un partenaire local prêt à augmenter sa capacité de production;
À notre avis, les premières demandes des investisseurs varieront entre 10 000 pi² et 25 000 pi² de bâtiment pour les premiers essais de production. Il faut s’attendre à une compétition féroce, tant au niveau régional qu’au niveau national. 

Un coût de développement à prévoir

Cette concurrence demande donc que les outils d’attraction et de soutien à l’investissement soient adaptés à cette industrie. La disponibilité de fonds des principaux partenaires privés permet de recentrer les efforts locaux vers un marketing plus soutenu plutôt que vers l’aide directe aux entrepreneurs.

Le « branding » régional, un site web plus ciblé, une présentation des avantages de la région (fournisseurs, services industriels), l’embauche de représentants dédiés ou l’achat et la construction de motels industriels spécifiquement conçus pour l’industrie sont autant d’exemples des activités que l’on peut envisager pour profiter au maximum de cette opportunité.

Bonne chasse!

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