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2018 – L’année de l’économie circulaire au Québec. Comment s’y préparer?

2018 – L’année de l’économie circulaire au Québec. Comment s’y préparer?

20 juin 2018

par Hélène Gignac, experte en écologie industrielle

Depuis la publication en mars dernier de la première étude sur l’économie circulaire au Québec , la majorité des intervenants économiques québécois s’entend que 2018 sera sans conteste l’année de l’économie circulaire. 

Les études de cas répertoriés soutiennent que l’économie circulaire permet de réduire l’impact environnemental, mais également d’obtenir des gains de productivité, d’efficacité et de rentabilité, en plus de stimuler l’innovation et de disposer d’un fort potentiel entrepreneurial. En transformant le modèle d’affaires traditionnel, du berceau au tombeau, en un système qui tient compte de la finitude des ressources et de la circularité des matières, de nombreuses occasions d’affaires s’offrent aux entreprises et créent de l’activité économique. Nous avons donc tout à gagner à améliorer notre compréhension de ce concept et de ces retombées.

Malheureusement, la fermeture des marchés de la Chine à nos matières résiduelles nous démontre que le modèle n’est pas encore bien en place.


Quelques idées pour démarrer

Comme acteur d’un territoire, au sein d’une municipalité ou d’une entreprise, vous pouvez commencer par une meilleure gestion de vos matières résiduelles. Un tri à la source optimal favorisera le recyclage et l’allongement du cycle de vie des matières. Peut-être nous faudra-t-il revenir à une collecte séparée du papier, du carton, du métal et du verre pour que nos entreprises de recyclage acceptent de s’approvisionner chez nous plutôt que chez nos voisins du Sud. 

En attendant ce virage à 180o, vous pouvez déjà vous assurer que votre centre de tri se dote d’équipements à la fine pointe de la technologie et qu’il opte pour des circuits courts, c’est-à-dire qu’il utilise les matières récupérées pour créer de la valeur sur le territoire. Ces matières peuvent devenir des intrants pour une autre entreprise, ce qu’on appelle la synergie industrielle.

La symbiose industrielle, inspirée de la nature

Cette approche inspirée de la nature implique qu’il n’y a pas de déchets, que des matières qui demandent à être recyclées. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se perpétue, » disait Lavoisier. 

Depuis quelque temps, les exemples se multiplient tant au sein des Zones IP (industrialo-portuaires) que sur l’ensemble du territoire québécois. On recense actuellement pas moins de 19 projets de symbioses industrielles au Québec qui sont regroupés au sein de la Communauté Synergie Québec. Ces modèles se développent à la fois sur des parcs industriels, des villes ou des MRC – allant jusqu’à se déployer sur des territoires plus vastes couvrant l’ensemble d’une région administrative. Ils vont de la Gaspésie à l’Outaouais en passant par Québec, le Centre-du-Québec et Montréal. Il y a déjà peut-être un projet de symbiose sur votre territoire auquel vous pourriez vous associer. Sinon, pourquoi ne pas démarrer une telle initiative en commençant par votre voisinage, à l’échelle de votre municipalité ou de votre parc industriel?

La richesse des projets de symbiose industrielle commence à porter fruit. Les exemples ne se limitent plus aux seules matières résiduelles et l’on partage aujourd’hui des services, des bonnes pratiques, des espaces d’entreposage, des laboratoires, des expertises et des employés. 

Qui plus est, certaines matières qui ne trouvent pas preneurs peuvent intéresser de nouvelles entreprises à s’installer sur un territoire ou un parc industriel. La possibilité d’utiliser ces ressources (matières, vapeur, expertise spécifique) devient ainsi un élément d’attractivité du territoire, une valeur ajoutée pour attirer de nouveaux investisseurs. 

Mais on peut faire encore plus !

Afin de boucler la boucle et d’installer une véritable transition vers une économie plus circulaire, nos développeurs doivent de plus miser sur des politiques d’achat responsable et sur une planification plus durable du territoire. Recycler et développer de nouveaux produits avec nos matières résiduelles, c’est bien ; produire moins de déchets, utiliser moins d’énergie et des énergies propres, c’est encore mieux !

Plusieurs entreprises et organisations participent déjà sans le savoir à l’économie circulaire en partageant des ressources et en utilisant des énergies et des technologies propres. Les villes et les territoires sont de grands donneurs d’ordres. Ils peuvent fournir l’impulsion nécessaire pour stimuler l’innovation en matière d’économie circulaire. Qu’attendez-vous pour questionner vos pratiques et vous doter d’une politique de développement économique circulaire ?

Avez-vous une question sur l'économie circulaire? Nous pouvons vous aider, peu importe à quelle étape vous êtes rendu!!! Contacter Hélène. (hgignac@strategieslgp.com)



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